Esprit Rock 2006 : Venus, Phoenix, Cali, Les Wampas
Venus, Phoenix, Cali et Les Wampas ont assuré leur grand retour au cours de la saison 2005/2006. Nous les retrouvons en interview cette semaine pour une session Esprit Rock 2006.
VENUS >>>
J'ai lu que tu appréhendais la sortie de votre album parce que tu pensais qu'il fallait l'écouter plusieurs fois pour arriver à le comprendre...
En fait, ce que je voulais dire par là, c'est que, comme on s'écarte un peu du schéma couplet/refrain/chanson accrocheuse, on arrive à un stade où l'on ne tient plus du tout compte des références musicales. Au départ on ne tient plus compte de l'avis de qui que ce soit. C'est quasiment un album sans single. C'est en ça que tu appréhendes un peu la sortie, en te disant "nous avons été nous-même jusqu'au bout, est-ce que ça va toucher les gens ? Est-ce que les gens vont prendre le temps de s'immerger dans l'album, à l'époque où l'on a plutôt tendance à zapper ?"
Avec le virage que vous venez de prendre, penses-tu surprendre vos fans de la première heure ou crois-tu qu'ils savent qu'ils peuvent s'attendre à tout venant de vous ?
Il me semble que nous n'avons jamais fait deux fois la même chose. Je crois que les fans de la première heure s'y retrouveront. C'est plutôt par rapport à l'album "Vertigone", qui est un album plus posé, qu'il y a une grosse différence. Comme nous n'avons pas envie de nous répéter, ça fait partie intégrante de notre façon de faire. Si par définition tu n'as pas envie de te répéter, c'est inévitable. Sur le dernier album il y avait une quinzaine d'invités, ici, il n'y en a pas. L'album précédent a été enregistré par couches successives, ici, c'était tous ensemble. Il y a des différences assez flagrantes, donc, oui, évidemment, on risque de surprendre.
PHOENIX>>>
Votre nouvel album s'intitule "It's never been like that". En français cela signifie 'Ca n'a jamais été comme ça'. Vous avez voulu faire référence à votre nouvelle façon de travailler ?
Ca vient effectivement un peu de notre manière de travailler. Ca n'est d'ailleurs pas tout à fait exact, car c'était déjà, un peu, la manière qu'on avait de travailler quand on a commencé le groupe, quand nous avions 15 ou 16 ans. On faisait comme ça, on enregistrait tout live dans notre cave avec des chansons qu'on faisait rapidement. Mais en fait, dans la vraie vie, ça n'avait jamais été comme ça. Après, il y a d'autres choses aussi. Les chansons parlent un peu de nos vies, elles sont autobiographiques. Il y a eu pas mal de changements pendant les deux dernières années, surtout au niveau relations etc... C'est un peu un mélange de tout ça.
J'ai lu que vous aviez enregistré ce disque comme si vous n'aviez jamais rien fait ensemble auparavant. Pour des gens qui se connaissent depuis l'enfance, est-ce vraiment possible ?
C'est le but à chaque fois de désapprendre pour réapprendre de nouvelles techniques. Je pense que c'est possible. En tout cas, ça nous est apparu comme ça.
Vous n'avez toujours pas envie de chanter en français ?
Ce n'est pas que nous n'en avons pas envie. Ca pourrait arriver un jour. Je ne sais pas si ce sera sous Phoenix ou pour écrire pour d'autres gens. Je crois que ça aurait fait un peu bizarre une chanson en français dans cet album. Mais pourquoi pas un morceau isolé ou une B.O. On n'a jamais été vraiment contre, sauf à une certaine époque. Notre maison de disques nous poussait un peu à le faire, alors on faisait un peu exprès de ne pas le faire. Mais, maintenant on s'en fout, alors on pourrait le faire.
CALI >>>
Sur ton album "Menteur", il y a le titre "Je m'en vais (après Miossec)", clin d'oeil à Christophe Miossec Tu voulais réécrire sa chanson à ta sauce ?
Non, ce n'est pas ça du tout. Cette chanson "Je m'en vais" et l'album "1964" de Miossec étaient pour moi la chanson et l'album de l'année. Ma chanson est arrivée au hasard. La sienne m'a tellement touché. Je voulais lui rendre hommage et l'associer par le nom à cette chanson.
Quand on te voit super posé en interview et quand on voit ta façon de te lâcher sur scène, on se demande si tu n'aurais pas un côté Dr Jekyll et Mr Hide...
Oui, vraiment. Bien plus que tu ne peux l'imaginer. Je suis très introverti parfois et très extraverti. Tout est exacerbé, tout est poussé à l'excès. Je sais que la scène pour moi, c'est chez mo. Quand je suis sur scène, je peux même parfois être très frimeur et aller très loin, ça ne me dérange pas. Je me montre, je fais du bruit. Par contre, dans ma vie de tous les jours, ce n'est pas spécialement ça. Mais c'est vrai que j'ai les deux côtés.
Tu as créé ton propre blog sur le net par le biais duquel tu échanges avec ton public. Cette notion d'interactivité est importante pour toi ?
Oui parce que d'abord, je trouve ça rigolo et amusant de faire ça. Parfois, on fait des conneries dans la vie de tous les jours et on se dit "Wow, si j'avais mes copains, je pourrais leur raconter ça". En fait, là, on fait pas mal de choses, on est à droite à gauche, on fait des promos, des voyages, des concerts... Ca m'excite de l'expliquer à des gens qui à priori s'intéressent à mon histoire. J'ai été très fan, je suis toujours très fan et j'aime bien écouter ou qu'on me raconte des anecdotes de mes chanteurs favoris. J'essaye un petit peu de faire pareil à mon petit niveau. Il y a des gens qui m'ont dit "Ce qui nous touche c'est qu'on a l'impression que tu nous envoie des sms !".
LES WAMPAS >>>
Evidemment, on ne peut pas faire d'interview sans vous poser une question sur le titre "Chirac en prison". Coup de pub, coup de gueule ou les deux ?
Ni l'un ni l'autre. C'est simplement que j'ai écrit cette chanson après être allé voir un spectacle avec mes enfants. Ca parlait du théâtre au temps de Molière et de Louis XIV et de la censure qu'il y avait en ce temps là. En sortant, je me suis dit "Tiens aujourd'hui qu'est-ce qui se passerait si j'écrivais une petite chanson d'amour avec Chirac en prison dedans. Comment les gens réagiraient ?". C'était juste pour voir. Après, c'est tout simplement que je n'ai pas voulu m'autocensurer. J'avais plein de raisons de ne pas la faire cette chanson à me dire "Oh les gens ne vont pas comprendre" ou "Ca va être mal pris, ça ne passera pas à la radio". Alors je me suis dit "Non ! Si moi je commence à m'autocensurer, ce n'est pas possible. Je fais la chanson, quoi qu'il arrive". On l'a sortie et on a bien vu ce qui se passait.
Tu t'attendais, quand même, à un certain battage médiatique autour de ça...
Bizarrement, j'étais le seul. Personne n'y croyait. Tout le monde disait "Oh, t'es con d'avoir mis ces paroles sur la chanson, ça passera pas à la radio et puis c'est tout. Personne ne va en parler". Personne ne croyait que ça allait faire du bruit.
Et tu n'as pas été déçu...
Ah non, je n'ai pas été déçu (rires).