Bombes Hip Hop : Diam's, M. Pokora, Sinik, Sniper
La saison 2005/2006 a été marquée au rayon hip hop par les albums respectifs de Diam's, M.Pokora, Sinik et Sniper. Tous se retrouvent cette semaine pour une Session Bombes Hip Hop estivale.
DIAM'S >>>
Le titre de ton nouvel album c'est "Dans ma bulle". C'est une invitation que tu nous lances ?
C'est marrant que tu me dises ça, parce que dans la première page du livret de l'album, j'écris une lettre et à la fin je dis "Bienvenue dans ma bulle". C'est une invitation dans ma bulle, mais à la fois, tout le monde va se sentir un peu chez soi, dans le sens où je traite vraiment de la vie de tous les jours. Je ne suis pas quelqu'un qui parle de ses problèmes d'artiste ou de sa vie d'artiste. Je parle de ma vie de jeune femme, d'humain tout simplement. C'est vraiment encore une fois de plus, le côté introspectif et très personnel. Il sera toujours dans tous mes albums.
Avec qui tu as bossé pour cette nouvelle livraison ?
J'ai écouté plus de 3000 prods pour cet album. Ca a été très long. J'ai fait un appel au peuple, j'ai reçu plein de prods de nouveaux compositeurs, j'ai fait des concours etc... Au final j'ai travaillé avec un mec qui s'appelle Skread, qui a pas mal travaillé dans le peura. C'est Tefa et Masta de Kilomaître qui ont réalisé mon album. J'ai aussi travaillé avec Swing, Tyran, Elio et Street Fabulous. J'ai aussi composé et co-composé moi-même des titres. J'ai refait un piano/voix et puis j'ai travaillé avec beaucoup de musiciens. Il y a vachement de sons qu'on a fait en studio en fait. Sur le disque, il y a aussi un duo avec une artiste qui s'appelle Vitaa. C'est une chanteuse lyonnaise que j'ai découvert il y a trois ans et qui m'a totalement giflée. Pour moi c'est une des plus grandes chanteuses française, toutes musiques confondues, même si elle fait de la soul/R&B.
M. POKORA >>>
Quelle valeur ajoutée penses-tu apporter sur cette nouvelle livraison par rapport à la précédente ?
Déjà, je pense qu'il y a une différence en terme de textes et de variété des thèmes. Il y a quand même deux ou trois thèmes qui sont complètement différents du premier album. Techniquement parlant, les morceaux sont plus techniques. Vocalement j'ai évolué. Mon écriture aussi a évolué. J'ai pris plus le temps d'écrire pour celui-ci. Je pense que j'ai passé un palier.
Tu penses que ton son a encore évolué depuis "Showbiz" ?
Oui, forcément. Tu sais, dans le R&B on a des nouvelles influences tous les six mois. Il y a sans cesse des nouveaux sons, des nouveaux délires qui arrivent. Je me suis aussi inspiré de tout ce qui s'était fait ces derniers mois.
Player c'est le nom de ton nouvel album, c'est aussi une expression qu'on attribue à certains mecs. C'est l'image que tu veux renvoyer de toi ?
Dans ma musique, oui. C'est-à-dire dans le sens où je fais de la musique pour m'amuser, pour divertir, pour faire sourire, pour ne pas me prendre au sérieux. C'est vraiment de la musique pour me faire kiffer.
SINIK >>>
Tu sors ton second album alors que le premier disque est encore présent dans les charts français. Ca a le mérite d'être rare...
C'est vrai que ça fait plaisir, parce que, comme tu le dis, "La Main sur le coeur" est encore dans les charts. Maintenant, il faut passer à autre chose. L'actualité pour moi c'est le deuxième album et, quoi qu'il arrive, j'avais prévu de sortir un album dans la foulée, peu importe que "La Main sur le coeur" marche ou non. Je ne voulais pas me reposer et enchaîner direct. Maintenant, c'est clair que je suis content.
Pourquoi avoir descendu Eminem sur ce premier titre ? Ne trouves-tu pas qu'il a vraiment apporté quelque chose au rap ?
Déjà, je ne le descends pas spécialement. Mais, vu que tout le monde me compare à lui depuis deux ans, j'explique clairement qu'il ne faut pas qu'on me compare à quelqu'un qui traite sa mère de pute, en plus je ne suis pas blond... Ce ne sont que des choses qui sont vraies. Je ne descends personne, je dis juste ce que je pense sincèrement. Après, Eminem c'est clair que c'est un bête d'artiste, je ne te dirai pas le contraire. Maintenant, c'est loin d'être mon idole, c'est loin d'être celui que je préfère. C'est surtout ça que j'ai voulu dire à la base.
SNIPER>>>
Trois ans se sont écoulés entre les deux albums. Entre temps vous avez eu quelques soucis avec la justice. Vous avez d'ailleurs été acquittés. Tu veux bien nous raconter ?
En fait, ce sont des groupuscules d'extrême droite qui ont fait tout un travail de sape autour des concerts qu'on avait. C'est-à-dire qu'ils distribuaient des tracts, ils faisaient de la propagande sur Internet, ils mettaient des pressions sur les organisateurs et les municipalités quand nous venions dans une ville. A un moment donné, nous devions jouer en Meurthe-et-Moselle, je crois, là où il y a une députée qui s'appelle Madame Morano. Elle a été avertie de notre venue et elle ne savait pas tout. Elle a donc fait remonter l'information à l'Assemblée Nationale, directement à Nicolas Sarkozy qui a réagit aussitôt en nous traitant de racistes, d'anti-blancs, d'antisémites et autres insultes. A partir de là, il y a eu la plainte du Ministère de l'Intérieur, de différents syndicats de police. Après, quand nous avons eu notre tournée, à chaque date, ça a continué. Il y a encore eu ce travail de sape qui a été fait. Il y a des RG qui ont réussi à aller aux concerts dans des salles où on était et ils s'en sont servis comme preuve, par rapport aux morceaux qu'on jouait sur scène. Ils nous ont attaqué sur ça, vu qu'ils ne pouvaient plus nous attaquer sur le disque, parce qu'il y avait prescription car le morceau datait. Ils nous ont attaqués sur le morceau quand on le jouait sur scène.
Le litige s'était porté sur le titre "La France". Sur votre nouvel album on retrouve un titre intitulé "La France 2". C'est un droit de réponse que vous vous êtes accordé ?
Oui, c'est un peu une sorte de droit de réponse et aussi une mise au point. C'est aussi à titre informatif pour les gens, pour leur expliquer comment s'est vraiment déroulée l'histoire. Parce que les gens pensent peut-être que ça vient directement du Ministère de l'Intérieur. Ils ne savent pas tout le travail qui a été fait avant ça par des groupuscules de l'extrême droite. C'est pour expliquer qu'à la base, ça vient d'eux.